Anti-THT : « la résistance n’est pas finie » - Coutances - Ouest-France
Lundi 26 avril 2010

Lundi 26 avril - Edition Ouest-France de Coutances
Le préfet de la Manche a donné un avis favorable à l’utilité publique de la ligne THT. Le président de l’association anti-THT Marais sous Tension réagit.
Trois questions à...
Que pensez-vous de cette déclaration d’utilité publique du préfet ?
Le contraire m’aurait surpris. À partir du moment où l’on construit une centrale nucléaire au bout de notre presqu’île, il était évident que le préfet prendrait cette décision, et ce malgré les dangers pour la santé des gens et le fonctionnement des élevages. Le refus d’une étude épidémiologique sur l’impact d’une telle ligne procède de la même intention.
Pourquoi selon vous ?
Les décideurs, l’Etat, RTE et EDF, ont connaissance de faits qui révèlent des effets néfastes. Une étude épidémiologique fine mettrait en évidence les relations de cause à effet entre cette ligne et différentes pathologies humaines et animales. Les élevages à proximité de la THT ont dû signer une clause de confidentialité avec RTE afin d’espérer une prise en compte de leurs problèmes. Les vétérinaires sont eux aussi astreints au silence. Les enjeux économiques sont trop importants.
Votre lutte contre la THT a donc été vaine ?
Non, bien au contraire. Cette résistance à la construction d’une THT au-dessus de la tête des Bas-Normands a permis de mettre en question le choix du nucléaire. Les associations et les communes surplombées se sont approprié ce débat. Grâce à leur contestation, et leurs actions, les mêmes élus qui avaient demandé, et applaudi, la décision de l’Etat de construire le premier EPR à Flamanville s’inquiètent aujourd’hui des conséquences. Le conseil régional et le conseil général réclament cette étude, méprisée par EDF et l’Etat. La résistance à la construction de cette ligne n’est pas finie : après les drames de l’amiante et du sang contaminé, allons-nous accepter une nouvelle atteinte à notre santé ?
