L’EPR de Flamanville vendra son électricité en 2013 et non 2012 - Dépêche Reuters
Jeudi 4 février 2010
par Marc Parrad
FLAMANVILLE, Manche (Reuters) - Le coût du réacteur EPR en cours de construction à Flamanville (Manche) est toujours estimé à 4 milliards d’euros mais la commercialisation de l’électricité produite aura lieu en 2013 et non 2012.
Lors d’un point sur l’état d’avancement des travaux, des responsables d’EDF ont assuré que le coût de construction de ce réacteur de nouvelle génération supporté principalement par EDF et, pour 12,5%, par l’électricien italien Enel, ne varierait pas du montant annoncé en 2008.
"On n’a pas revu la copie", a déclaré Bernard Salha, directeur de la division ingénierie nucléaire d’EDF, tout en reconnaissant "quelques modifications" entre les annonces initiales et les réalités d’aujourd’hui.
Citant "certaines sources proches du dossier", Le Figaro avait écrit le 19 janvier que l’électricité de l’EPR de Flamanville ne devrait pas être commercialisée avant 2014 et que l’EPR coûterait au final quelque cinq milliards d’euros.
"En 2006, on avait estimé le coût global à quelque 3,3 milliards de l’époque, soit 3,5 ou 3,6 milliards d’euros d’aujourd’hui", a dit Bernard Salha. "Pour un tel prix, la différence n’est pas trop sensible. On avait prévu la commercialisation en 2012. Ce sera en 2013."
Le chantier a connu des aléas qui ont nécessité l’augmentation de la main d’oeuvre destinée au génie civil, de 400 à 500 personnes selon Bernard Salha.
Areva pour l’îlot nucléaire, Bouygues pour le génie civil et Alstom pour le turbogénérateur sont aussi associés à la construction de cet EPR.
2.500 PERSONNES SUR LE CHANTIER
Les travaux, commencés en décembre 2007 par le coulage de la dalle de béton sous le réacteur, ont connu un arrêt pendant trois semaines en 2008 pour des problèmes de ferraillage, qui ont nécessité l’utilisation de techniques non budgétées.
Le tunnel de sortie en mer des rejets n’a pu être construit au moyen de méthodes classiques et a exigé l’emploi d’un tunnelier dont le coût (40 millions d’euros) n’était pas prévu, a expliqué Philippe Leigné, directeur du chantier de l’EPR.
Il précise que 2.500 personnes travaillent actuellement sur le site et que ce chiffre augmentera jusqu’à atteindre 3.200, "dont la moitié de salariés locaux."
Une fois l’EPR achevé, il ne restera que 300 personnes affectées à l’exploitation par EDF, sans compter les quelques centaines de sous-traitants qui interviendront lors des opérations de maintenance.
La tranche du réacteur EPR (European pressurized reactor) de Flamanville s’ajoutera aux deux réacteurs fonctionnant dans la centrale, qui développent 1.300 mégawatts.
EDF et Areva, le concepteur de l’EPR, ont largement misé sur ce réacteur de nouvelle génération dans le cadre de leur stratégie à l’international. Quatre EPR sont actuellement en construction - dont deux en Chine - et 19 autres sont en projet.
Areva est cependant confronté à d’importantes difficultés sur le chantier de l’EPR finlandais, qui subit déjà un retard de trois ans et pour lequel le groupe a enregistré 2,3 milliards d’euros de provisions.
En novembre, les autorités de sûreté nucléaire française, britannique et finlandaise ont par ailleurs fait part de leurs inquiétudes vis-à-vis de la conception du système de contrôle et de commande de l’EPR.
La filière nucléaire française a en outre subi un revers majeur fin 2009 en perdant un appel d’offres pour des réacteurs nucléaires destinés aux Emirats arabes unis au profit d’un groupement mené par le sud-coréen Kepco.
L’EPR, proposé par les groupes français dans ce cadre, a été jugé trop cher par rapport aux réacteurs du groupement sud-coréen.
Edité par Yves Clarisse - Reuters jeudi 4 février 2010
Le coût du réacteur EPR en cours de construction à Flamanville, dans la Manche, est toujours estimé à 4 milliards d’euros mais la commercialisation de l’électricité produite aura lieu en 2013 et non 2012. /Photo prise le 26 novembre 2009
REUTERS/Stéphane Mahé
