Communiqué de presse du Réseau "Sortir du nucléaire" du 1er juillet 2010
Ligne THT "Cotentin-Maine" : exporter le nucléaire au prix de la santé des riverains ?
Le Journal Officiel a publié le 27 juin 2010 la déclaration d’utilité publique de la ligne THT "Cotentin-Maine" : 400 000 volts transportés sur 160 kilomètres, au départ de Flamanville (Manche), site du futur réacteur EPR. Comme d’habitude, l’État refuse d’entendre ceux qui dénoncent ce projet nuisible pour la santé, la faune et les paysages, qu’il s’agisse des habitants des 64 communes directement concernées (qui vont servir de cobayes), des élus locaux ou des associations.
Comment expliquer qu’aucune enquête épidémiologique complète n’ait été commandée ? Où est passé le principe de précaution ? En France, le Grenelle 2 barre encore davantage la route à l’éolien, mais pour le nucléaire, un boulevard est toujours ouvert.
Cette ligne THT transportera l’électricité que l’EPR produira "en base", c’est-à-dire une énergie inutile : la France en produit déjà beaucoup trop, et manque d’électricité "en pointe", que nous importons régulièrement, à un prix plus élevé. Triste symbole de la gabegie nationale : non content de faire courir des risques graves à la population, le nucléaire vient balafrer le paysage normand... pour acheminer une électricité dont nous n’avons absolument pas besoin !
Où est donc la prétendue "utilité publique" de cette ligne ? Il s’agit en réalité d’une utilité purement commerciale : l’EPR de Flamanville n’est qu’une vitrine pour Nicolas Sarkozy, qui rêve de l’exporter. Mais seule la Finlande a commandé un EPR : ce chantier a plus de trois ans de retard, et le prix a déjà plus que doublé. Avant même d’avoir démarré, l’EPR est un échec. Il est grand temps d’arrêter les frais et d’en finir avec le nucléaire.
Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", ce qui est d’utilité publique en matière d’électricité, ce sont seulement les économies d’énergie et les énergies renouvelables. Ces dernières constituent un gisement d’emploi bien plus important que le nucléaire, pour un impact bien moindre sur l’environnement, la faune, la santé des riverains et des travailleurs. Au côté des associations locales, le Réseau "Sortir du nucléaire" poursuivra la lutte contre l’EPR et la THT, et continuera à dénoncer les atteintes que le nucléaire porte à la démocratie.
Lettre d’information interrégionale Stop-THT avril 2010
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Sommaire : point sur :
Commission d’enquête publique et Avis favorable du préfet de la Manche
Coordination des élus
Entrevue avec le sénateur Raoul en charge de la mission parlementaire (OPECST)
Mobilisation de l’été
Communiqué de Stop-THT, à propos de l’avis de l’AFSSET
L’étude GEOCAP n’est pas l’étude épidémiologique demandée
Commission d’enquête publique et Avis favorable du préfet de la Manche
La commission d’enquête publique, prenant en compte plus de 6000 opinions, a rendu, dans son rapport d’enquête publique, un avis favorable avec réserve au projet THT Cotentin-Maine, en décembre 2009. La principale réserve concerna la santé humaine : une ligne THT est-elle sans danger pour les populations humaines et animales ? Cette même commission informait, dans ce même document, que les résultats du programme GEOCAP de l’INSERM allaient très prochainement être publiés et « qu’il faut les attendre ! » (page 23).
L’INSERM, par la plume de la responsable scientifique de GEOCAP, à notifié, le 17 février 2010, à M. Legrand, président du Conseil Général de La Manche, et à l’ensemble des conseillers généraux de La Manche, qui ont délibéré, le 16 avril 2009, sur l’exigence de mener une étude épidémiologique sur les effets sanitaires des lignes THT, que « GEOCAP ne répondra pas à vos questionnements spécifiques éventuels sur l’exposition liée à la ligne Cotentin-Maine ». Qui plus est, les résultats concernant l’échantillon THT (5 risques environnementaux sont considérés dans la méthodologie de GEOCAP) ne seront pas connus avant, probablement 2012. Il est urgent d’attendre cette date !
Le 16 avril, le préfet de la Manche a rendu, sans surprise, un avis favorable à l’utilité publique du projet de ligne THT Cotentin-Maine.
http://www.stop-tht.org/+THT-Cotent...
Historique de la coordination des élus
à partir de février 2008 : 40 communes sur les 64 impactées ont pris des arrêtés de protection de la santé de leurs habitants demandant le respect du principe de précaution.
tous ces arrêtés (sauf 3) ont été annulés devant les tribunaux administratifs de Caen, Rennes et Nantes.
la cour d’appel de Nantes a confirmé le 3 novembre 2009 ces annulations.
juin 2009 assignation en référé du préfet de la Manche
le tribunal de grande instance (TGI) de Coutances rend son ordonnance en référé le 20 août 2009 : voie de fait non avérée car le préfet peut encore diligenter une étude épidémiologique.
décembre 2009 : nouvelle assignation en référé du préfet de la Manche.
28 janvier 2010 le TGI de Coutances déboute le collectif et renvoie les parties à mieux se pourvoir...
en cours : une nouvelle assignation mais devant les tribunaux administratifs (en avril).
Parallèlement à ces procédures le collectif élus a posé ce débat dans le champ politique en participant activement à la campagne des régionales en Basse Normandie...
en cours : la région Basse Normandie à acter d’organiser une étude épidémiologique et de nous confier la présidence du comité de pilotage. Attendons confirmation.
Rencontre du 10 mars 2010 à la préfecture de la Mayenne avec le sénateur Raoul
(responsable de la mission d’études de l’OPESCT suite à la saisine parlementaire de R.Bachelot.)
Etaient présents : Mayenne SurVoltée, ainsi que les associations Mayenne Nature Environnement et La cardamine (association environnementale bonchampoise), les chasseurs, et la Chambre d’agriculture.
Mayenne Survoltée a resitué le problème, a souligné :
- le manque de transparence dans la gestion du projet,
- la nécessité de reconnaître les difficultés et souffrances des personnes vivant à proximité des THT,
- l’utilisation du P.A.P. (Plan d’Accompagnement de Projet) qui est proche de la corruption
- et bien entendu de la nécessité d’une étude épidémiologique d’envergure.
Le sénateur semble regretter que le statut des lignes ne soit pas pris en compte, que les études de sols ne soient pas adossées au dossier. Il a ressorti quelques arguments sur le champ magnétique terrestre naturel … inoffensif, suite à quoi deux études ont été évoquées :
une sur les conducteurs de métros qui au niveau de certaines maladies dégénératives sont moins touchés que la population référente (ils sont soumis à un champ magnétique continu)
une autre sur les conducteurs de trains qui eux seraient plus exposés que la population référente (ils sont eux, soumis à des champs magnétiques de courant alternatif)
Le sénateur a découvert le courrier de l’INSERM à propos de l’étude Géocap qui indique clairement que les résultats qui sortiront 2ème semestre 2010 n’apporteront rien de significatif par rapport à la problématique des lignes THT 400 000V (échantillonnage et pathologie observée trop limités). Il devrait rendre son rapport au printemps.
A signaler également que 4 maires (Juvigné, Ernée, Fougerolles et Beaulieu) avaient également été reçus le matin par Raoul sur invitation du Préfet. Pourquoi ces quatre maires ? Comment ont-ils été choisis ?
Proposition de mobilisation interrégionale cet été
La comédia de la DUP :
Des manifestations sont prévues au mois de juillet, tout au long du tracé, par Stop THT. Elles débuteront vers le 10 juillet sous forme de Fez Noz, randos, rallye … en Mayenne et Ile et Vilaine pour remonter dans la Manche les week-ends du 17 juillet (peut-être Buais) et du 24 juillet (secteur Percy-Carantilly). Une exposition commune se déplacera de site en site. Nous invitons tout le monde à participer aux manifestations qui auront lieu dans leur secteur, le premier message étant de montrer que les opposants à la construction d’une nouvelle ligne THT sont toujours là. contact ( @ ) stop-tht.org
Voir aussi le bulletin de l’association de défense de riverain :
http://www.stop-tht.org/IMG/pdf/BUL...
Communiqué de Stop-THT d’avril 2010, à propos de l’avis de l’AFSSET du 13 avril 2010
http://www.stop-tht.org/spip.php?ar...
Conforté par la publication de l’avis rendu le 29 mars par 1 ’AFSSET(Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail) sur « les effets sanitaires des champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences », la Coordination interrégionale Stop-THT (qui fédère les associations opposées au projet de ligne THT Cotentin-Maine) continue à exiger la mise en œuvre d’une vaste étude épidémiologique sur les conséquences pour la santé humaine et animale, d’une exposition prolongée aux effets d’une ligne THT 400 000 volts en fonctionnement, le terrain d’étude étant suffisamment vaste avec les 13 000 km de couloirs de ligne THT sous lesquelles vivent des milliers de personnes et d’animaux d’élevage depuis des années.
En effet, l’AFSSET note qu’il existe des « association statistiques claires » … « entre l’exposition aux champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences et les leucémies infantiles », se basant sur la synthèse de différentes études, tout en rappelant qu’à ce jour l’OMS considère que les preuves scientifiques d’un possible effet sanitaire à long terme sont insuffisantes pour justifier une modification des valeurs limites d’exposition mais en recommandant de poursuivre les recherches notamment avec la mise en place d’études épidémiologiques prenant en compte l’exposition réelle des personnes dans le temps.
« L’AFSSET estime qu’il est justifié, par précaution, de ne plus augmenter le nombre de personnes sensibles (enfants, femmes enceintes) exposées autours des lignes de transport d’électricité à très hautes tensions … » et éventuellement de créer une zone d’exclusion d’au moins 100 m de chaque côté d’une ligne (sans hôpitaux, sans école, etc.).
La Coordination interrégionale Stop-THT rappelle que l’étude GEOCAP en cours, ne pourra pas lever la réserve formelle émise par la commission d’enquête publique concernant la santé. Le Dr CLAVEL (Directeur de recherche INSERM) le confirme dans son courrier du 17 février adressé au Conseil Général de la MANCHE.. D’ailleurs, son Président, Jean-François Legrand, a rappelé au Préfet coordinateur, la demande de son assemblée concernant l’étude épidémiologique précisant que « la réponse produite par RTE n’est pas de nature à répondre aux attentes du conseil général de la Manche ».
Enfin, Laurent Beauvais, Président du Conseil Régional, récemment réélu, a confirmé sa volonté de cofinancer cette étude. De plus, RTE « compte poursuivre son soutien à la recherche dans les prochaines années. »
Le Ministre de l’environnement, M. Jean-Louis BOORLO, doit maintenant démontrer que le principe de précaution n’est pas qu’un argument de campagne et tenir compte des attentes de la population et des élus locaux. À cette fin,
il doit commander cette étude épidémiologique demandée par de plus en plus d’élus, d’associations, de riverains de toute sensibilité
il ne peut prononcer la DUP en l’état du dossier et des exigences de protection sanitaire
il doit imposer un moratoire sur toute nouvelle ligne THT et précisément l’arrêt du projet de THT Cotentin-Maine
il doit, si l’ouverture aux questions environnementales, sanitaires a encore un sens, recevoir enfin la coordination « STOP THT » qui demande une rencontre depuis plusieurs années !
L’étude GEOCAP n’est pas l’étude épidémiologique demandée
Le rapport d’Enquête Publique et quelques politiciens manipulateurs font croire que l’étude GEOCAP de l’Inserm répond aux revendications des associations, riverains et élus. NON ! Une chercheuse de l’INSERM, directrice de recherche, l’argumente. Le courrier officiel de l’INSERM est disponible ici : http://www.stop-tht.org/spip.php?ar...
Extraits :
Elle n’a pas été conçue pour traiter uniquement des lignes THT, et a fortiori, des lignes 400 kV. Bien qu’elle soit nationale et comptabilise déjà 6 années d’enregistrement exhaustif, elle ne compte que très peu de sujets à proximité de ces lignes.
GEOCAP ne répondra pas à vos questionnements sur l’impact des lignes 400 kV – sur les cancers des adultes – sur des pathologies humaines non cancéreuses – sur la santé des animaux
GEOCAP ne répondra pas à vos questionnements spécifiques éventuels sur l’exposition liée à la ligne Cotentin-Maine
France Nature environnement, Uminate et Sépanso
THT France/Espagne : un enfouissement de la ligne ou…
un enterrement de première classe du projet ?
Jean-Louis Borloo vient d’annoncer son choix en faveur d’un enfouissement de la ligne électrique 400 000 volts à très haute tension (THT) qui doit relier Figueras, en Espagne, à Perpignan. Réaction de France Nature Environnement, fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement.
Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « Enfouir la ligne THT, c’est bien, enterrer le projet c’est mieux. L’enfouissement n’est qu’une réponse partielle à une vraie question : de quelle politique énergétique voulons nous ? Pour FNE, la solution est celle d’une production énergétique plus sobre, diversifiée et renouvelable, pas d’un système nucléaire centralisé, peu adapté aux territoires, peu démocratique et qui commercialise ses excédents aux pays frontaliers. »
L’enfouissement : une réponse qui pose beaucoup de questions !
Pour France Nature Environnement, le dossier est loin d’être bouclé et un nouveau sommet franco-espagnol doit d’ailleurs se réunir en juin. FNE souhaite que le public soit informé de l’étude que RTE et REE doivent réaliser : s’agira-t-il d’un enfouissement terrestre ou marin ? partiel ou total ? Quel sera son bilan écologique, financier mais aussi sanitaire ? En réalité, le choix de l’enfouissement pose de nouvelles questions.
L’enfouissement : une réponse partielle à un problème global
Par ailleurs, France Nature Environnement rappelle que si la nécessité d’une certaine souplesse d’échanges frontaliers peut se justifier dans le cadre européen, la systématisation de l’exportation française revient à faire supporter à notre pays la pollution, les risques et la gestion des déchets, pour pallier l’imprévoyance énergétique des pays limitrophes. Si le courant électrique est pour tous, les déchets devraient l’être également ?
La solution de l’enfouissement, bien que hors de prix (700 millions d’euros), consiste à « limiter les dégâts ». Reste que cette "solution" ne répond nullement à la question de fond : celle de l’exportation d’une électricité française excédentaire (par la construction mal calculée du programme nucléaire français à partir de 1974), en partie vers la péninsule ibérique.
Pour mémoire : la France exporte (chiffres de 2007) 6,2 TWh vers l’Espagne et en importe. Bilan final : exportation de 4,7 TWh. Il faut comparer ses données à l’export vers l’Italie (14,9), la Suisse (11,7), l’Allemagne (16,5), la Belgique (10,8) ou le Royaume Uni (11,8). Le bilan final de la France est une exportation de 63,4 TWh. soit l’équivalent d’environ dix tranches nucléaires de 900 MW...(produisant chacune environ 6,5 TWh).
France Nature Environnement salue le travail des associations - comme la SEPANSO, UMINATE, LRNE, le Collectif anti-THT – et les élus qui se battent depuis des années contre ce projet de THT 400 000 volts dans les Pyrénées.
L’annonce par le Ministère de l’environnement du passage d’une ligne THT 400 000 volts par la mer ou enfouie partiellement entre la Catalogne française et la Catalogne espagnole plutôt qu’en aérien, est-ce une victoire réelle ?
Pour le paysage, peut-être… MAIS
À terre, l’enfouissement aura un surcoût d’au moins 3 fois, et si l‘on prend en compte les postes de transformation nécessaires jusqu’à 10 fois.Qui paiera ? Quelles seront les nuisances supplémentaires pour les producteurs et les riverains ?
Enfin, la véritable question reste posée : l’exportation de cette électricité à 80% d’origine nucléaire signifie que la Catalogne espagnole laissera à la France de la vallée du Rhône la plus grande partie des risques immédiats (rejets, accidents, attentats) et des risques différés (gestion des déchets, démantèlement).
La Catalogne espagnole, soucieuse de son autonomie devrait ne pas vouloir compter sur la France pour son approvisionnement électrique, mais sur elle-même :une production décentralisée évite les pertes en lignes et les couloirs de lignes THT, permet une meilleure maîtrise par les populations voisines.
La Catalogne espagnole avec le soleil et le vent ne manque pas d’alternatives au plus près des lieux de production.
PORT LA NOUVELLE (Languedoc-Roussillon) avait, en 1975, par referendum, refusé l’implantation d’une centrale nucléaire. Ce ne peut être aujourd’hui pour accepter le passage de l’électricité nucléaire !
La proposition de M.BORLOO n’est vraiment pas un modèle reproductible !
Pour LE CRILAN, Didier ANGER
Administrateur du Réseau Sortir du Nucléaire.