Articles sur la THT catalane

Article de "L’Indépendant" du 31 mars, 1er avril :

"C’est un fait, la ligne n’est pas justifiée"

Hier, les forces anti-THT s’étaient divisées pour mieux régner. A Paris, auprès de Jean-Louis Borloo, Jean-Jacques Planes et Jean-Claude Péralba ; à Banyuls-dels-Aspres, devant plus de 200 personnes emplissant la salle des fêtes, Gérard Amiel et Laurent Belmas. En attendant la liaison téléphonique avec Jean-Jacques Planes, qui devait appeler Laurent Belmas dès l’issue de la réunion avec le ministre, Gérard Amiel et Joan Marti (de la plate-forme No a la MAT et chirurgien de son état), parlaient de l’effet nocif des champs magnétiques sur la santé, particulièrement de leur influence sur le développement des leucémies infantiles. Sonia Lefevre lisait une lettre envoyée au président de la République, lui demandant avec force de renoncer au projet de la THT, au nom de la santé des enfants, et de "ne pas ignorer la voix du peuple catalan" . A 19 h, enfin, Laurent Belmas recevait l’appel tant attendu. J.-J. Planes, par le biais du téléphone et d’un micro, expliquait par le menu, à une assistance éminemment attentive, les résultats de l’entrevue ministérielle, ce qu’il fallait en retenir de positif (écoute, arguments sur l’enfouissement de la ligne), mais également ce qui continuait à poser problème, notamment la question de la justification de la THT. En effet, il est maintenant reconnu que la ligne n’a rien à voir avec des questions de sécurisation des réseaux. Laurent Belmas concluait : "Nous ne rejetterons pas le dossier d’emblée, mais la ligne n’est pas justifiée, la lutte continue, restons concentrés sur l’avenir". Josianne Cabanas

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Ligne THT : vers le compromis de l’enfouissement ?

Hier à Paris, associatifs et élus anti THT ont été reçus par le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. Selon une nouvelle étude, la solution de l’enfouissement serait financièrement envisageable. Les deux collectifs restent cependant mobilisés.

L a présentation du rapport d’expert du cabinet indépendant italien Cesi, qui était hier au coeur d’une nouvelle réunion de travail avec les différentes parties prenantes du dossier de l’interconnexion électrique entre la France et l’Espagne, pourrait marquer un coup d’arrêt au projet ou du moins lui donner une nouvelle orientation. Au cours de cette réunion, qui s’est tenu au ministère de l’Ecologie et de l’énergie, en présence du ministre Jean-Louis Borloo, les participants ont appris que la construction de cette ligne à haute tension, qui permettrait une véritable régulation de l’éolien, ne se justifiait pas réellement. D’autant qu’on enregistre depuis quelques années une stabilité de la consommation, de part et d’autres des Pyrénées. Autre coup de théâtre : la faisabilité de l’enfouissement. Pour les experts, le surcoût ne serait pas aussi insupportable que l’auraient laissé entendre RTE et son homologue espagnol REE. Pour le cabinet Censi, qui travaillait à la demande du médiateur Mario Monti, la facture ne serait que trois fois, voire quatre fois plus chère que pour la construction d’une ligne aérienne classique avec les pylônes. On est bien loin des 10 fois plus annoncés ! Une nouvelle évaluation qui prend en compte la perdition énergétique enregistrée sur le réseau classique, de l’ordre de 40 %. L’option de l’enfouissement permettrait également de réduire l’impact sur la santé. " Les champs magnétiques sont beaucoup plus faibles avec le courant continu", indiquait hier Jean-Paul Alduy. Le ministre Jean-Louis Borloo, qui a une nouvelle fois réitéré son attachement à une solution respectueuse de l’environnement, permettant notamment de préserver les sites de la chaîne pyrénéenne, a promis une solution, qui serait adoptée dans " la transparence et la concertation, selon la philosophie du Grenelle de l’environnement" ; aussi, il a demandé au cabinet italien d’approfondir les études sur la faisabilité des différentes techniques d’enfouissement, présentée lors de la réunion. Face à ces nouveaux éléments, qui n’ont suscité aucun commentaire, aussi bien de la part du médiateur Mario Monti, que de la délégation espagnole, menée par Macia Tomas, du ministère de l’Industrie, que de RTE, les députés catalans et le sénateur Jean-Paul Alduy ont affirmé leur opposition au projet et demandé un arbitrage présidentiel. Entendus dès hier soir par l’Élysée, ils étaient reçus pendant plus de quarante minutes par Catherine Pégard, l’un des proches conseillers du président. A l’issue de la rencontre, la conseillère s’est engagée à suivre personnellement ce dossier. Z. C.

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THT : Mario Monti a rencontré les élus et les associations à Gérone

Hier, Mario Monti s’est déclaré plutôt d’accord avec les conclusions des experts. Le coordonnateur européen a par ailleurs annoncé une journée de travail le 29 avril à Gérone d’abord, et une autre, le lendemain à Perpignan.

Hi er à Gérone, Mario Monti, a souligné que les deux rapports d’experts qui lui ont été remis, -l’un sur la justification de la ligne THT et l’autre sur le coût générique de l’enfouissement- lui ont permis d’y voir clair dans ce dossier. Il en retient "l’importance de l’interconnexion au regard de la pluralité de motivations" qui y concourent : non seulement les besoins de la région de Gérone et du TGV, mais aussi le service qu’elle rendra dans les moments de production excédentaire de l’énorme parc d’éoliennes dont dispose l’Espagne. Quant aux bienfaits de l’interconnexion, il a cité la grande panne qui plongea toute l’Italie dans le noir, l’automne 2003 : d’après le rapport justificatif, le nord de la péninsule, assez bien équipé en interconnexions ne resta que cinq heures sans électricité, tandis que dans le sud, la lumière ne revint qu’au bout de 13 heures. Au passage, il écartait, hier, l’éventualité de mise en place d’un câble sous la mer comme une sorte de "poisson d’avril". Pour sa part, le secrétaire d’État espagnol à l’énergie, Ignasi Nieto, présent à ses côtés, reconnaissait que "si on est obligé de passer par un enfouissement", le gouvernement espagnol "acceptera probablement". Ce qui était impensable il y a un an, a-t-il précisé. Et de toutes manières, "l’enfouissement ne vaudra que pour le tronçon d’interconnexion, c’est-à-dire entre Santa Llogaia et la frontière, soit 25 km". En revanche, "il n’est pas question d’enfouir le reste de la ligne à très haute tension jusqu’à Sentmenat" car il faudrait faire la même chose pour les 7 000 km de lignes en projet. Fin mai, Mario Monti présentera le document définitif, avant le sommet franco-espagnol prévu pour fin juin. Joana Viusà

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"Fermons la porte à la THT et ouvrons la fenêtre au soleil !"

Selon la police ils étaient 12 000, selon les organisateurs 18 000 ! Une chose est certaine : la mobilisation contre la THT ne faiblit pas. Hier à Girona, les manifestants ont une nouvelle fois dénoncé "les mensonges pour justifier la THT". C’est aujourd’hui que le collectif doit rencontrer le ministre Borloo.

De quoi réviser à fond sa géographie de la Catalogne ! D’Argentona à Sant Julià Vilatorta, de Santa Coloma de Farners à Palol de Revardit en passant par Montesquieu-des-Albères, Prunet-et-Belpuig, La Bastide ou Calmeilles, etc. "La veu del territori" (la voix du territoire) s’est, hier, largement et massivement fait entendre. C’est là à Girona, une fois de plus, que la Catalogne s’est donné rendez-vous. Pour défendre "sa" terre contre la THT. Contre ces 400 000 volts "mensongers". Deux heures durant, et très justement survoltées, ce sont entre 12 000 (chiffres police) et 18 000 personnes (chiffre annoncé au micro par les organisateurs en fin de manifestation) qui ont envahi la ville à grands renforts de slogans et de banderoles. A côté des "Ni aqui, ni enlloc" (Ni ici, ni ailleurs), on retrouvait "No volem boscos de ferro" ou encore "Prou mentides"(ça suffit les mensonges), l’ambiance était à la révolte festive. Festive mais déterminée. "On n’est pas des enfants !" Dans la foule, 3 000 Roussillonnais avaient fait le déplacement. Parmi eux, Jean-Jacques Planes, figure incontournable du collectif anti-THT : "Aujourd’hui, on a le bon côté de la poêle, mais je crois qu’ils vont avoir de grosses désillusions. On n’est pas des enfants. On va aller au bout du bout et ne pas se laisser enfumer. Avec la venue de Mario Monti, il y a eu de la désinformation... Quand j’entends parler de version sous-marine de la THT, je n’y vois pas une once de sérieux, même si ce n’est pas forcément la plus mauvaise solution. Il s’agissait de nous démobiliser !" Plus forte, plus dense, plus criante que jamais, la mobilisation d’hier avait pour objectif de frapper un gros coup avant la venue de Mario Monti demain à Girona. C’est également cet après-midi que J.-J. Planes et J.-C. Peralba montent à Paris pour s’entretenir avec le ministre Jean-Louis Borloo. Les rendez-vous se multiplient, les choses semblent s’activer mais ce n’est pas pour autant que les travaux de la THT sur la portion Sentmenat-Bescano ont été stoppés. Hier, une fois de plus, le manifeste lu par Vicky Penya résumait l’état d’esprit général. "Nous ne sommes pas seulement ici pour dénoncer mais également pour exiger et récupérer ce qui nous appartient : le droit de participer aux décisions nous concernant. Nous exigeons que soient stoppés les travaux de la THT tant que nous n’aurons pas un débat clair, transparent, sérieux et impartial sur la nécessité d’une telle ligne à haute tension." Contre la THT, de ripostes en révoltes, les manifestants disent désormais être prêts à la révolution ! S. Canal

 
A propos de Coordination interrégionale Stop-THT
La coordination interrégionale Stop-THT regroupe les 3 collectifs départementaux : Ille-et-Vilaine sous Tension, Manche sous Tension et Mayenne SurVOLTée. Ceux-ci fédèrent les associations locales qui s’opposent à la construction de la ligne à très haute tension (THT) de 2 fois 400.000 volts prévue de Périers dans la Manche à Beaulieu-sur-Oudon en Mayenne. (...)
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