Copenhague : Lettre ouverte inter-associative aux élus d’Ille-et-Vilaine

IVT, CIELE et Saint-Gilles Nature Environnement

Lundi 14 décembre 2009 // Associations

Alors même que la conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague souffre des égoïsmes nationaux, notamment des pays riches et des grandes nations émergentes qui rejettent le plus de CO2, nos associations impliquées dans les questions environnementales se mobilisent pour interpeler les négociateurs sur l’urgence climatique et la nécessité d’un accord ambitieux. Le communiqué qui suit est une lettre ouverte à l’ensemble des citoyens et des responsables politiques. Il affirme notre vigilance sur l’enjeu climatique et souligne l’urgence des réponses à apporter, aussi bien au niveau local qu’international.

Il est envoyé aux différents médias locaux, aux 7 députés des circonscriptions d’Ille-et-Vilaine, ainsi qu’aux représentants de la Bretagne à Copenhague.

Ciele – centre d’information sur l’énergie et l’environnement

Collectif Ille-et-Vilaine sous tension

Saint-Gilles nature environnement

COMMUNIQUE

Depuis une vingtaine d’années, les rapports successifs du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) confirment le réchauffement du climat de la terre, et en particulier la responsabilité de l’homme au travers des émissions de gaz à effet de serre liées à ses activités. L’augmentation de la température moyenne à la surface du globale pourrait se situer en moyenne entre 2 et 6°C dans ce siècle, avec des conséquences dramatiques : augmentation de la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes (ouragans, inondations, canicules), montée du niveau de la mer, migrations de réfugiés climatiques, etc... . L’hypothèse optimiste du GIEC d’une augmentation de 2°C seulement (!), en raison de l’inertie du phénomène, est l’objectif à atteindre. L’heure n’est plus aux hypothèses et aux atermoiements, mais à l’action. Nous devons mettre notre intelligence collective au service de ce défi : ramener la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère au niveau de 350 parties par million pour contenir l’emballement climatique. L’espoir d’une solution miracle unique apporté par la science et la technologie est malheureusement vain. Nos émissions de carbone sont multiples et liées à nos activités quotidiennes. La nécessité d’une mutation profonde de nos sociétés occidentales est donc incontournable.

Dans ce contexte, le volontarisme politique est essentiel. Nos élus, de tous bords et de toutes sensibilités, doivent dépasser les clivages partisans pour entreprendre des politiques fortes visant à réduire nos émissions de CO2. Il ne doit s’agir ni de mesurettes, ni de saupoudrage mais d’un engagement profond et ambitieux, s’inscrivant dans le long terme. C’est tout l’objet des négociations de Copenhague, pour lesquelles nous appelons à une exigence et une fermeté de nos représentants français et européens pour obtenir de l’ensemble des nations des engagements de réduction ambitieux et chiffrés, avec des échéances claires. Il s’agira alors de traduire ces promesses en actes.

Nos associations défendent trois axes majeurs complémentaires : la sobriété énergétique, le développement des énergies renouvelables et l’accessibilité aux services de l’énergie ici et dans les pays du Sud.

En Ille-et-Vilaine, comme ailleurs en France et en Europe, la sobriété en matière d’énergie doit se traduire par des efforts particuliers dans quatre domaines : · l’habitat : les émissions de CO2 sont principalement liées au chauffage des logements. Il faut donc prioritairement rénover thermiquement le parc bâti ancien et ne construire que des logements neufs passifs. · les déplacements : la voiture individuelle doit progressivement céder sa place aux modes de déplacements doux (transports en commun, vélo, marche, covoiturage, auto-partage) · la consommation : le fait de n’acheter que le nécessaire, de privilégier des achats durables, d’entretenir et de réparer ses équipements évite un gaspillage et des émissions liées à des fabrications ou une gestion de déchets superflus. · l’alimentation : la consommation d’aliments locaux et biologiques doit être privilégiée afin d’éviter les émissions de CO2 liées au transport et à la production agricole intensive

Une société sobre énergétiquement peut alors envisager sa production d’énergie sous forme renouvelable. Nous sommes favorables à l’investissement massif dans le développement des énergies renouvelables sur le territoire, dans leur diversité et dans le respect de l’environnement : solaire thermique, photovoltaïque, éolien, biomasse, hydraulique, énergies marines... Toutes ces énergies décentralisées sont complémentaires et forment un mix pouvant assurer les besoins en énergie d’une société sobre. Elles permettront d’abandonner progressivement les énergies fossiles ainsi que l’énergie nucléaire qui, outre les problèmes qu’elle pose, ne constitue en aucun cas une réponse au défi climatique.

La justice climatique et sociale, enfin, doit être au centre des politiques mises en œuvre, ici et envers les pays du sud, afin que chacun puisse faire face aux changements à opérer, prendre sa juste part dans

la réduction des gaz à effet de serre (GES) et avoir accès aux biens et services de l’énergie. Ces axes prioritaires nécessitent une volonté politique forte, que ce soit dans la mise en place de mesures législatives incitatives pour certaines et contraignantes pour d’autres, ou dans l’aménagement du territoire et la fourniture d’équipements et de services répondant à ces objectifs. Cet investissement politique est nécessaire mais pas suffisant.

Les entreprises, les collectivités territoriales et les administrations, se doivent d’impulser des politiques en faveur de la sobriété énergétique, dans un souci d’exemplarité.

Chaque citoyen doit individuellement prendre conscience de sa responsabilité et se mobiliser au quotidien pour relever ce défi du changement climatique : faire isoler sa maison, prendre le vélo pour

aller au travail, consommer des produits locaux sont autant de gestes individuels possibles qui, collectivement, peuvent réduire très sensiblement nos émissions de CO2.

Nos associations agissent au quotidien pour l’environnement et sont totalement mobilisées pour cet enjeu climatique. Elles entendent assumer leur rôle dans l’accompagnement de cette évolution vers une

société pauvre en carbone et en GES, en servant d’éveilleurs de conscience ou de catalyseurs du changement. Au delà des négociations de Copenhague, nous appelons à un véritable sursaut politique et citoyen en Ille-et-Vilaine. Chacun peut et doit s’engager à son niveau pour répondre à l’ultimatum climatique qui s’impose à nous.

Contact : Les associations signataires :

Pascal AUBREE – Président de St-Gilles Nature environnement

André ROBINARD et Stéphane ROZE, co-présidents du collectif Ille-et-Vilaine sous tension

Philippe COCHERIL, Président du Ciele


Télécharger le communiqué en pdf :

PDF - 74.3 ko

Répondre à cet article