Enquête citoyenne : articles de presse sur internet

Jeudi 5 février 2009 // Articles de presse

Interview de Catherine Gouhier par Enviro2b : "Il faut instaurer un moratoire sur les lignes THT"

Catherine Gouhier, membre fondateur et responsable du laboratoire mesures du Criirem, Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électro-magnétiques, qui vient de publier une enquête qui révélant les nuisances subies par les riverains des lignes très haute tension (THT). Ces résultats font écho à la forte mobilisation de plusieurs milliers de normands qui s’opposent actuellement au projet de ligne THT Cotentin-Maine.

Pourquoi avez-vous réalisé cette enquête ?

Le Criirem a été sollicité par le collectif « STOP THT Cotentin-Maine » et nous avons considéré qu’il serait intéressant d’avoir des témoignages de gens qui vivent à sous ou à proximité des lignes.

Nous avons comparé 3 zones, une zone fortement exposée, celle de Flamanville, une zone faiblement exposée et une zone non exposée donc sans THT. Nous avons considéré qu’il y avait exposition dans un périmètre de 300 mètres autour des lignes THT.

Quels sont les principales conclusions de votre enquête ?

On constate un nombre beaucoup plus important de problèmes à proximité des lignes THT, qu’il s’agisse des agriculteurs, de leur exploitation (NDLR : perturbations diverses, mauvais rendements laitiers, agressivité, etc.) ou des simples riverains (NDLR : état dépressif, maux de tête, etc.).

RTE a mis en doute la crédibilité scientifique de votre enquête…

Nous ne prétendons pas avoir réalisé une étude scientifique mais une enquête citoyenne, même si on utilise des analyses scientifiques pour ressortir des données. Cette enquête montre qu’il existe de vrais problèmes qui ne sont pas actuellement pris en compte.

Le premier sujet d’étonnement au début de l’enquête a été le très bon accueil des riverains. Après 20 ans que la ligne était installée, ils ne comprenaient pas pourquoi personne ne s’était intéressé aux nuisances qu’elle pouvait générée sur leur vie quotidienne. Ils expliquaient qu’on avait planté les pylônes et installé les lignes et ensuite plus rien.

Le nombre de réponses recueillies nous a également surpris. On partait sur 2.000 réponses à nos questionnaires, or nous en avons reçu plus de 6.000. C’est une preuve que les riverains de ces lignes ont envie de parler des problèmes qu’elles soulèvent, sans avoir trouvé jusqu’ici d’interlocuteurs pour en discuter.

Il ne s’agit donc pas d’une démarche épidémiologique, ni sanitaire, mais c’est en tout cas une démarche qui a abouti un constat fort, qui ne peut pas être ignoré.

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La suite de l’interview


Santé : les lignes électriques sous haute tension

L’actu : selon une étude réalisée par le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), les personnes habitant à moins de 300 mètres d’une ligne électriques très haute tension (THT) souffriraient de troubles de la santé (maux de tête, états dépressifs, vertiges…).

Le contexte

- Les lignes haute tension (HT) et très haute tension (THT) permettent de transporter l’électricité sur de longues distances. Une norme européenne a fixé le seuil de tension autorisé à 400 000 volts pour limiter l’exposition aux ondes électromagnétiques. En France, 360 000 personnes vivraient à proximité d’une THT.

- Intitulée « Vivre avec une ligne THT ? », l’étude du Criirem se présente comme une enquête « citoyenne », et non scientifique. Elle été réalisée à la demande du collectif « STOP THT Cotentin-Maine », qui mobilise plusieurs milliers de Normands contre un nouveau projet de ligne THT. Les enquêteurs ont recueilli les témoignages d’environ 3000 personnes vivant à proximité de lignes THT existantes, et d’un millier de personnes non exposées, habitant une zone située sur le tracé projeté de la ligne Cotentin-Maine.

L’enquête

Selon l’étude du Criirem, 15,8% des personnes habitant à moins de 300 mètres d’une ligne THT déclarent ressentir un « état dépressif » (contre 7,9% dans la zone test) et 18,1% affirment ressentir des vertiges (contre 10,3% dans la zone témoin).

Les riverains d’une ligne électrique THT ressentent d’autres troubles de la santé dans des proportions importantes : nausées, perturbations auditives et visuelles, problèmes cutanés, irritabilité, sommeil perturbé, maux de tête, troubles digestifs et difficultés de concentration.

L’étude s’attarde également sur les troubles du comportement observés chez les animaux d’élevage des exploitations agricoles situées à proximité d’une ligne THT. « La moitié des 226 exploitations laitières proches d’une THT présente des problèmes de production, en qualité et en quantité » précise Pierre Le Ruz, président du Criirem.

Dans un communiqué, le Réseau Transport Electricité (RTE), filiale d’EDF, a émis ses réserves sur la « crédibilité scientifique » de l’étude du Criirem. Basée sur le ressenti des personnes interrogées, elle témoigne néanmoins du mal-être des riverains des lignes THC, qui ont répondu en masse au questionnaire.

« Pour la première fois depuis vingt ans, l’opinion des riverains des lignes THT est prise en compte », explique Catherine Gouhier, responsable du laboratoire mesure du Criirem. « J’espère que l’étude va provoquer une réaction politique et déboucher sur la réalisation d’une étude épidémiologique et sanitaire impliquant tous les acteurs, des scientifiques aux politiques en passant par les riverains ».

Le débat

"Non à la THT, notre santé n’est pas à vendre". Près de 4000 personnes ont manifesté le 31 janvier dans les rues de Mortain, un village du sud de la Manche, pour protester contre l’installation de la ligne THT Cotentin-Maine. Parmi eux, une quarantaine d’élus venus de Bretagne, de Normandie ou des Pays-de-la-Loire.

La prise de conscience par les politiques des risques sanitaires liés aux lignes haute tension est très récente. La Commission économique du Sénat a lancé fin janvier une enquête sur « les effets sur la santé et l’environnement » des lignes HT et THT. Les scientifiques déjà auditionnés ont témoigné de leurs difficultés à réaliser une évaluation précise des risques. Des études suggèrent un risque accru de leucémies infantiles, mais aucun lien de cause à effet n’a été établi à ce jour.

En attendant la publication de nouveaux rapports scientifiques dans le courant de l’année, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) recommande l’application du principe de précaution.

L’article en ligne du magazine Geo


Lignes à très haute tension : une étude électrique

Malgré les assurances des pouvoirs publics, les riverains de lignes à haute tention se plaignent de nombreux désagréments.

DR

Avec la tempête, les Français ont découvert l’importance des 21000 km de lignes à Très haute tension (THT) qui fournissent l’électricité sur tout le territoire. Les riverains de ces lignes, eux, s’en plaignent depuis des années, en évoquant des perturbations sur la santé des hommes et des animaux.

Samedi dernier, une manifestation a d’ailleurs rassemblé plusieurs milliers de personnes à Mortain, un village du sud de la Manche, contre le projet de ligne THT Cotentin-Maine, lié à l’EPR en construction dans le Nord du département, construction qui devrait s’achever en 2012.

Or, une enquête, menée par le CRIIREM (Centre de recherches et d’informations indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques) en 2008 auprès de 2000 foyers vient d’être rendue publique. Elle prenait en compte trois degrés d’exposition : "très", "moyennement" ou "pas" exposés à ces lignes THT. Résultat de cette première en France : 56% des propriétaires de vaches laitières observent une "nervosité" de leurs bêtes en zone exposée contre 14% en zone non exposée. Rappelons qu’à l’automne dernier, RTE, filiale de EDF, a été condamnée par le tribunal de grande Instance de Tulle (Corrèze) à verser 400 000 euros d’indemnités à des éleveurs en raison des conséquences observées sur les animaux.

Quant aux conséquences sur la population, elles concernent aussi bien les états dépressifs (15,8% contre 7,9% dans la population témoin), que les vertiges (18,1% contre 10,3%) ou les nausées (11,87% contre 6,7%). Et "la fréquence de ces manifestations augmente avec la proximité et la puissance de la ligne", observent les auteurs de cette étude.

Il y a tout juste une semaine pourtant, un expert était auditionné au sénat sur les effets sanitaires de ces lignes THT justement. Pour le Dr Laurent Bontoux, "on manque de données adéquates pour faire une bonne évaluation des risques". Et ce médecin de pointer un possible "effet nocebo", l’inverse de l’effet placebo, c’est-à-dire "un effet pathologique causé par la croyance que quelque chose est nocif". En d’autres termes, les riverains vont mal uniquement parce qu’ils pensent que les lignes THT leur font du mal. Ce genre d’arguments suffira-t-il à convaincre les riverains ? Pas sûr...

Article "L’Express" par Vincent Olivier, publié le 05/02/2009

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