L’enquête pousse Stop-THT à exiger un moratoire
Lundi 26 janvier 2009 // Articles de presse
Pierre Le Ruz et Catherine Gouhier, du Centre de recherche et d’informations indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques, ont détaillé les statistiques « révélatrices » de l’enquête menée auprès des riverains de lignes THT.
A quelques jours du débat au Sénat et de la manifestation à Mortain, la coordination Stop-THT révèle « les résultats éloquents » de l’enquête auprès de riverains de lignes à très haute tension. Jeudi 29 janvier, le sénateur Raoul, qui préside la mission parlementaire du Sénat, planchera devant ses pairs sur le cas des lignes à haute tension. Deux jours après, la coordination interrégionale Stop-THT organisera une grande manifestation à Mortain (Manche) sur le thème de « Protégeons notre santé, refusons la THT ».
Samedi, les responsables de la coordination, aux côtés des chercheurs du Centre de recherche et d’informations indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), ont révélé « les résultats éloquents » de l’enquête scientifique « Vivre avec une ligne THT ? », commanditée au Criirem.
2 868 réponses analysées
« Elle avait pour objectif de déterminer la qualité des conditions de vie des personnes à proximité des lignes à très haute tension, particuliers comme exploitants agricoles », explique le Manchois Christian Gosselin. Le patron du Criirem, Pierre Le Ruz, fait état de « 2 868 réponses à l’enquête de personnes exposées, réparties dans une zone de 300 m de part et d’autre de plus de 250 km de lignes THT ». Réponses qui ont été analysées par le Criirem et l’université du Maine comparativement à celles de 976 personnes non exposées.
Il en ressort, selon Jean-Charles Herriau, du comité de pilotage de l’enquête menée entre janvier et mars 2008, que « les conditions de vie des riverains des lignes THT sont significativement détériorées ». Sa collègue Catherine Gouhier, statistiques et graphiques en main, démontre que « les fréquences de gêne visuelle et sonore et de perturbations électriques sont très fréquentes chez les personnes vivant à proximité d’une ligne ».
Elle complète : « La fréquence de 12 symptômes et pathologies, allant de l’état dépressif aux maux de têtes en passant par des vertiges entre autres, est supérieure chez ces riverains. » Sans oublier les manifestations pathologiques constatées sur les animaux d’élevage. « Un constat qui confirme nos craintes pour les riverains potentiels du projet de ligne THT Cotentin-Maine », souligne Christian Gosselin.
« Compenser n’est pas protéger »
Jean-Claude Bossard, porte-parole de la coordination des élus, ajoute : « Nous sommes confortés par l’enquête dans notre démarche et la prise de nos arrêtés. On ne veut pas sacrifier la santé d’une partie de nos populations. Nous ne comprenons pas que l’État s’entête à ne pas lancer une étude d’envergure. »
André Robinard va plus loin en demandant au gouvernement « un moratoire suspensif non seulement sur le fuseau Cotentin-Maine mais sur toute nouvelle ligne THT en France ! Car la problématique soulevée n’est pas spécifique à la future THT de l’EPR de Flamanville. » Il précise : « Vouloir se contenter de compenser financièrement un problème de santé publique ce n’est pas protéger. » La mission parlementaire du Sénat, le 29 janvier, « devra bien en prendre conscience après cette enquête et plus encore avec la mobilisation de samedi 31 janvier à Mortain. »
Yann HALOPEAU.
Ouest-France
