Le projet de ligne THT Cotentin Maine est toujours inacceptable

Texte lu le 3 juillet 2009 à Ernée

Vendredi 3 juillet 2009 // Communiqués, tracts, docs

Le projet de ligne THT Cotentin Maine, lié à la construction de l’EPR à Flamanville, est toujours inacceptable.

Pour la coordination interrégionale Stop-THT, il ne peut y avoir de projets ne prenant pas en compte la santé publique et la protection des riverains. Très concrètement, il ne peut y avoir de nouveau projet de THT sans un couloir de protection d’au moins 2x300m. Pendant l’enquête publique officielle, et sans se faire d’illusions, les populations concernées, dans toutes les communes, se sont prononcées clairement prononcés contre le projet et pour la protection de la santé. C’est un leitmotiv, repris des centaines de fois dans les permanences que nous avons tenu dans les villages. Beaulieu sur oudon, St Berthevin la Tannière, Bourgon, St Pierre des Landes, Fougerolles, St Cyr le Gravelais, Montjean, Lévaré, la Dorée, …
D’ailleurs, plus de 95 % des riverains qui se sont exprimés par écrit exigent une législation de précaution et l’application d’une distance minimum de précaution de 300 mètres !

Dans notre département, huit Maires avaient pris des arrêtés suspendant tout projet de THT tant qu’aucune réglementation ne protège les habitants et les élevages. Ces arrêtés ne sont pas encore jugés, mais le Préfet coordinateur n’en a tenu aucun compte et a décidé de passer en force. La démocratie n’est pas la même pour tous !

Dans le cadre de la Déclaration d’Utilité Publique, ils sont vraiment très très peu à avoir donné un avis positif. Le Maire de Juvigné s’est tristement illustré, mais il est isolé, et pour l’aspect vénal, signalons qu’il est le seul à avoir déjà sollicité le bénéfice de l’argent du fameux PAP… !
Il est facile aussi, malheureusement, d’épingler le conseil général de la Mayenne, et plus particulièrement son Président, qui s’obstine dans un silence complice et honteux, comme si aucune inquiétude légitime ne se manifestait parmi les mayennais impactés.
Par contre, de nombreuses collectivités se sont exprimées clairement en donnant des avis défavorables comme la quasi-totalité des maires des communes concernées bien sur, et la Chambre d’Agriculture de la Mayenne qui se méfie à juste titre des promesses de RTE. Faut-il rappeler les promesses concernant l’installation d’une ferme témoin sous une ligne…en 1997 !

Dans les prises de positions des collectivités, je tiens aussi particulièrement à citer :
- le conseil général de la Manche qui relaie notamment notre demande d’étude épidémiologique, et au moins, prend en compte les préoccupations des riverains.
- le conseil régional des Pays de Loire, représenté ici par Françoise Marchand que je salue, et qui demande, comme nous, un couloir de protection

Ce sont des renforts de poids pour nos exigences.

Peut-on, à notre époque, faire avancer coûte que coûte un projet sans prendre en compte les populations concernées et contre l’avis des élus locaux ?
Nos gouvernants devraient comprendre que nous ne sommes plus au moyen-age…

Depuis 2006, et la fin du débat public qui s’interrogeait déjà sur les risques sanitaires et les moyens d’y remédier, toutes les études parues vont dans le sens du renforcement d’une prudence nécessaire
- le rapport BioInitiative, synthèse internationale publiée en 2007, de 1500 études sur les champs électromagnétiques, qui préconise une norme de précaution de 0,2µT (en France, c’est 100 µT)
- l’étude suisse d’Anke Huss, publiée en 2008, qui relève une augmentation du nombre de maladie d’Alzheimer chez les riverains des lignes.
- l’enquête citoyenne que nous avons réalisé avec le CRIIREM, publiée en début d’année, qui reprend les constatations des riverains sur une dégradation important des conditions de vie et l’accentuation systématique des symptômes (maux de tête, perturbation du sommeil, irritabilité, état dépressif, …)

Politiquement, c’est un sujet qui commence à émerger dans les enceintes des assemblées. Ainsi, l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, s’est saisit du problème des lignes THT et devrait rendre un rapport dans quelques mois. Dans le cadre du projet de loi Grenelle 2, plusieurs parlementaires mayennais se sont engagés à défendre des amendements pour la protection des riverains des lignes THT.

D’ailleurs, le Parlement Européen a voté à la quasi-unanimité deux résolutions constatant que les normes actuelles sont « obsolètes » et demandant que ce soit pris une mesure de distance de précaution entre les lignes et les riverains.
A ce propos, je voudrais évoquer la prise de position de Yannick Jadot, tout nouveau député européen, qui vient d’exiger publiquement la suspension de la procédure actuelle.

Le bon sens voudrait qu’avant la construction d’une nouvelle ligne, le promoteur et l’Etat attende la nouvelle réglementation, que chacun reconnaît inéluctable à court terme. Mais le bon sens est loin d’être partagé, puisque dans le dossier de la THT Cotentin Maine, RTE nous assène qu’il n’y a aucun danger, et le Préfet coordinateur veut surtout aller très vite… les intérêts en jeu sont immenses.

C’est pourquoi, solennellement, nous demandons ce soir aux commissaires enquêteurs de donner un avis défavorable. Un avis favorable avec réserves permettrait simplement à la procédure de continuer, et au ministre de prendre ensuite sans problèmes la Déclaration d’utilité Publique.

Depuis des années que le projet THT soulève des oppositions, Jean Louis Borloo, ce ministre de l’énergie et de l’écologie, n’a pas trouvé le temps de recevoir notre coordination. Ce mépris de la population directement concernée est intolérable. Il résume bien toute l’implacable raison d’état qui se moque totalement des éventuels riverains.

Mais, soyez en surs, le combat est loin d’être terminé. Nous ne nous résignerons pas, et nous attaquerons bien évidemment la Déclaration d’Utilité Publique.

Avec vous, nous stopperons la THT ! C’est une nécessité sanitaire, et une obligation morale vis-à-vis des riverains.

Voir en ligne : Retour sur le rassemblement de Ernée

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