Manifestation à Perpignan contre le projet de ligne à très haute tension franco-espagnole
Dépèche AFP
Samedi 1er mars 2008 // Infos : autres lignes
PERPIGNAN (AFP) — De 10.000 personnes, selon la police, à 15.000, d’après les responsables du "Collectif anti-THT", ont manifesté samedi à Perpignan pour s’opposer au projet de ligne à très haute tension (THT - 400.000 volts) transpyrénéenne franco-espagnole.
Manifestation contre le projet de ligne à très haute tension transpyrénéenne franco-espagnole, le 1er mars 2008 à Perpignan
Le défilé avait pour destination le Castillet, le monument emblématique de la ville, où a été lu, en français et en catalan, le "manifeste" d’un "département qui refuse la THT (...) ce mode énergétique bestial et antique" par opposition aux énergies renouvelables de proximité.
"Nous voulons un territoire propre, préservé. La protection de notre environnement constitue un intérêt supérieur qui doit s’imposer aux lois ordinaires", souligne le manifeste. "Messieurs les Européens, messieurs les puissants d’Espagne et de France, écoutez la voix du peuple tant qu’il est encore temps", indique-t-il.
"Demain, si l’on cherchait à nous faire violence, si la tentative d’un passage en force s’avérait au mépris de toutes les règles démocratiques (...) alors nous réagirons en conséquence (...) nous ne lâcherons pas, nous ne faiblirons pas, la THT est injuste, malfaisante, elle est une insulte aux temps modernes. La THT ne passera pas", conclut le manifeste.
Les élus et leaders politiques du département étaient tous présents.
Les quatre députés-maires UMP entouraient le sénateur-maire UMP de Perpignan Jean-Paul Alduy, aux côtés de la candidate socialiste à la mairie de Perpignan Jacqueline Amiel-Donat, ou du maire communiste d’Elne, Nicolas Garcia.
Les élus du conseil général, le président Christian Bourquin (PS) en tête, ont défilé ensemble, tandis que les militants du MoDem étaient groupés autour de Clotilde Ripoull, candidate également à la mairie de Perpignan.
Dans un cortège haut en couleurs et familial, de nombreux manifestants, portaient des "baratines" (bonnet rouge catalan traditionnel) et des "trabucaires" (bandits de grands chemins catalans) faisaient tonner les tromblons.
De 1.200 (police) à 2.000 (organisateurs) Catalans du sud, venus en car, se sont mêlés aux manifestants. Parmi eux Joan Puigcercos, ministre de l’Intérieur de Catalogne et secrétaire général et député du parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC).
Les anti-THT s’opposent à "un projet mercantile du marché libéralisé de l’énergie, au détriment des paysages, de l’environnement du département, avec des risques pour les populations riveraines de la ligne".
Pendant toute la manifestation où résonnait le slogan en catalan ’No a la MAT, ni aqui ni enlloc" (Non à la THT, ni ici ni ailleurs), des groupes de "castellers" érigeaient les traditionnelles pyramides humaines en forme de pylônes et couronnées d’enfants.
Elus ceints de leurs écharpes tricolores et habitants des communes de la plaine du Roussillon, des Albères, des Aspres et du Vallespir (piémont pyrénéen) portaient des pylônes stylisés au nom de leurs villes ou villages.
Figuraient des slogans en catalan, comme "Prou mentides, no a la MAT" (Assez de mensonges, non à la THT) et en français, "Si THT, t’es vendu". Un âne (symbole du Catalan) a défilé, ruant en direction des pylônes électriques ou d’enfants portant des balayettes avec les mots "Du balai la THT".
Les manifestants se sont donnés rendez-vous le 30 mars à Gérone (Catalogne sud) pour porter, côté espagnol, leur opposition à la ligne transpyrénéenne.
Voir en ligne : Communiqué des collectifs Mayenne, Manche, Ille-et-Vilaine en soutien aux catalans
