Réunion Bréal, 21 juillet : Article du Vitré Info Forum

Mercredi 30 juillet 2008 // Associations

Article d’origine sur le site du VIF

A Bréal, RTE face à une salle hostile.

A la demande de la Municipalité de Bréal sous Vitré, RTE avait accepté de venir présenter le 21 juillet son projet de ligne THT et répondre aux questions des Bréalais.

D’autres habitants (Erbrée ou de la Mayenne …) s’étaient joints à cette réunion publique. On pouvait noter aussi la présence de la gendarmerie aux alentours de la salle et à l’intérieur quelques membres des renseignements généraux qui se sont mêlés au public. [1]

Monsieur Jacob, pour RTE, a pu, dans un premier temps, présenter le projet en resituant la commande d’EDF et les objectifs : évacuer le transit du nouvel EPR de Flammanville, alimenter le TGV (un TGV consommerait autant qu’une ville de 60 000 habitants), renforcer l’alimentation de la Mayenne.

Puis il a présenté la ligne THT : 163 kms entre Perriers et Beaulieu sur Oudon, coût de 200 millions d’euros, 74 communes traversées, 7 à 8 pylônes sur la commune de Bréal, et le calendrier : après l’étude d’impact qui est terminée, le tracé sera soumis à l’enquête publique cet automne.

Monsieur Jacob a dévoilé le tracé retenu sur la commune et chacun a pu découvrir la distance de la ligne avec les bâtiments (habitations, exploitations, entreprises…). Quelques mauvaises surprises : la distance de 104 m évaluée entre la ligne et l’entreprise Bryalis située sur la zone du Relais, la Fresnerie à 110m, la Maison Neuve à 160m, le Verdon à 240m…

M. Jacob veut rassurer avec un argument qu’il répétera : « à 100m d’une ligne, les champs magnétiques sont de 1 microtesla, c’est à dire pas plus que dans votre maison. »

Il réaffirme que RTE respectera la législation française, qu’il protègera aussi les captages d’eau avec le concours d’un hydrogéologue de Vitré, qu’il s’engage à compenser le préjudice qui serait subi par la dévaluation de la valeur d’un bien immobilier.

Les représentants des associations opposées à la ligne ont pu prendre la parole et redire qu’elles demandaient la suspension du projet en attente des résultats des deux enquêtes en cours : celle du CRIIREM « Vivre avec une ligne THT ? » et celle de l’INSERM.

Elles expriment qu’elles n’ont aucune confiance dans les propos et les engagements de RTE. Elles regrettent que le GPSE (Groupement Permanent pour la Sécurité Electrique dans les élevages) ait été privé de moyens et que le projet de ferme expérimentale n’ait pas vu le jour. Selon elles, RTE craint ce type de recherches et elles rappellent que RTE a déjà été condamné pour avoir réduit le transit au moment de mesures effectuées à proximité d’une ligne afin de minimiser les chiffres ( - ).

Elles accusent RTE de vouloir acheter le silence grâce au PAP (Plan d’Accompagnement de Projet ; 10% du coût affecté à des projets communaux), « les communes vont avoir de l’argent » dit M.Jacob s’attirant ainsi les protestations de la salle « la santé ne s’achète pas ! »

André Robinard représentant IVT a insisté sur le fait que les élus sont responsables de la santé des gens impactés et qu’ils doivent faire ce qui est en leur pouvoir pour les protéger. Il s’est adressé à Mme le Callennec, conseillère générale présente à la réunion, afin de lui renouveler la demande d’entretien avec le ministre. Mme Le Callennec lui a répondu que Pierre Méhaignerie avait rencontré M. Borloo sur ce dossier et qu’il a insisté sur les aspects de santé et les inquiétudes des riverains impactés. M. Méhaignerie aurait aussi le projet de demander à Mme Kosciusko-Morizet de venir sur place rencontrer les habitants.

Les interventions du public se firent plus virulentes au fur et à mesure des réponses parfois "langue de bois" du représentant de RTE. Le maire de la commune et les conseillers présents savent qu’ils auront à gérer un dossier difficile durant les prochains mois. Mais si certains déclarent que la ligne se fera malgré tout, les représentants des associations maintiennent que rien n’est fait et qu’ils ne veulent pas de cette ligne ni ici ni ailleurs.

Notes

[1] La présence des RG est systématique lors des réunions avec RTE ou lors des manifestations. Cela n’est donc pas forcément lié à la destruction dans la nuit de samedi à dimanche (Ouest France du 23 juillet) de deux poteaux électriques situés à Bréal et à la Gravelle,

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