THT : « Ce projet n’est pas d’utilité publique », article Ouest-France
Mardi 16 décembre 2008 // Articles de presse

Hervé Morand, 51 ans, photographe professionnel, copréside l’association Mayenne Survoltée en compagnie d’Yves Beaussier, ancien conseiller municipal de Saint-Hilaire.
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État à l’écologie, est jeudi en Mayenne pour rencontrer les acteurs du dossier de ligne à très haute tension. Entretien avec Hervé Morand, coprésident de l’association Mayenne Survoltée, qui s’oppose au projet.
Qu’attendez-vous de cette visite ?
Ce que l’on espère et réclame, c’est un moratoire sur ce projet, pour qu’on suspende le lancement des travaux. Il y a un certain nombre d’études qui tendent à prouver qu’il y a une relation entre la proximité d’une ligne à très haute tension (THT) et des problèmes de santé. Le Réseau de transport d’électricité a été condamné récemment dans un dossier similaire, et cette relation de cause à effet a été reconnue par la justice pour la première fois. Nous, on veut qu’une étude sérieuse soit menée sur les effets des champs électromagnétiques à long terme. En plus, Nathalie Kosciusko-Morizet a déclaré dans le passé que les rayonnements électromagnétiques pouvaient poser des problèmes, et que le principe de précaution devait être respecté. Ce que l’on attend d’elle, c’est qu’elle soit en accord avec ses déclarations, et qu’elle passe des paroles aux actes.
Quelles actions sont envisagées lors de cette visite, et plus tard ?
On doit la rencontrer jeudi matin, avec toute la coordination interrégionale. Un rassemblement de soutien devant la préfecture est également prévu, pour montrer que l’on est toujours motivé, et une nouvelle manifestation aura lieu le 31 janvier à Mortain, dans la Manche.
Quelles solutions alternatives proposez-vous ?
La décentralisation de la production d’énergie, avec l’utilisation des énergies renouvelables : l’éolien, le solaire, mais aussi la biomasse, la filière bois et le méthane... Des énergies où la Mayenne a d’ailleurs un gros potentiel. On n’a pas besoin de cet équipement. Ce projet de THT n’est absolument pas d’utilité publique, il est d’utilité commerciale. Le but, au final, c’est de vendre des réacteurs nucléaires à l’étranger.
Recueilli par Thierry SOULARD.
