Borloo met sous tension les Pyrénées

Article L’Express

Jeudi 5 juin 2008 // Infos : autres lignes

Le dénouement approche. Après des années de débats, l’interconnexion électrique entre l’Espagne et la France sera enfouie. C’est l’engagement de Jean-Louis Borloo. Reste à déterminer le tracé : sous les Pyrénées ou au fond de la Méditerranée. Le ministère de l’Ecologie préfère la première solution.

Plutôt sous terre que sous la mer. Le ministre de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable Jean-Louis Borloo va proposer de faire passer sous les Pyrénées une ligne à Très Haute Tension (THT). Officiellement, si l’enfouissement en Méditerranée est toujours à l’étude, le ministère penche pour le terrestre, moins coûteux. 400 millions d’euros contre 700 millions. Une solution préférable à la traversée en plein air, avec son cortège de pylônes, mais qui ne satisfera pas, pour autant, les opposants au projet.

Le collectif "Non à la THT" ne souhaite pas écarter la solution sous-marine tant qu’une étude sur l’impact environnemental n’a pas été conduite pour les deux types d’enfouissement. "Nous réclamons également la preuve que la voie sous-marine est réalisable pour éviter le prétexte d’une raison technique à l’abandon de cette solution", ajoute Jean-Jacques Planes, vice-président du collectif qui réunit 125 maires des Pyrénées-Orientales, département par lequel passera la ligne.

Au fond de la Méditerranée. C’est aussi ce que réclame Christian Bourquin, le président PS du Conseil général. "Il faudra, autrement, creuser une tranchée de sept mètres de large, dans une plaine fortement urbanisée", prévient-il.

Jean-Paul Alduy, le maire UMP de Perpignan refuse lui de se prononcer a priori. « Les deux solutions offrent des avantages : par la mer, on évite les expropriations ; par la terre, on peut espérer des retombées économiques locales. J’attends une étude scientifique comparative », conclut-il.

Le financement du surcoût du projet ne manque pas non plus de tensions. Alors qu’il laissait entendre, fin avril, que l’Etat le prendrait à sa charge, Borloo suggère maintenant une participation de l’Union européenne et des opérateurs de la ligne, dont Réseau de transport d’électricité. Cette filiale d’EDF, qui n’a jamais voulu de l’enfouissement, refuse de s’exprimer sur le sujet.

Le 27 juin prochain, lors d’un sommet à Saragosse (Espagne), les Premiers ministres français et espagnols arrêteront le tracé final, sur suggestion des acteurs du dossier. Même s’ils décident de l’enterrer, la ligne THT pourrait continuer d’alimenter le débat en surface.

Par Nicolas Barriquand, mis à jour le 05/06/2008 à 16:54 - publié le 05/06/2008

http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/borloo-met-sous-tension-les-pyrenees_507967.html

Voir en ligne : Dépèche AFP du 23 juin 2008